Par Sébastien MURER, Portfolio Manager chez DAM


UN DEBUT D’ANNEE CONTRASTE

Marchés financiers

Les marchés financiers ont très bien démarré l’année avant de connaître un sérieux trou d’air. L’élément déclencheur de ce retournement a été la publication de l’évolution des salaires aux Etats Unis en glissement annuel. Les craintes du marché se tournent désormais vers les banques centrales qui pourraient durcir leur politique monétaire de manière plus rapide qu’attendu. Pour notre part, nous estimons qu’il existe deux risques majeurs, une hausse plus forte qu’attendue de l’inflation, un fléchissement de la croissance aux Etats-Unis et en Europe.

Inflation et taux

Nous interprétons la hausse des salaires américains comme la conséquence d’une part d’une situation de quasi plein emploi et d’autre part par la réforme TRUMP qui implique un certain nombre de hausse de salaire. Même si ces deux éléments étaient connus du marché depuis de nombreux mois, la réaction au niveau des taux a été très brutale, ce qui limite désormais leur hausse à court terme (horizon 3 mois). Il est également important de noter que les effets de base (Telecom et biens durables) poussent de façon temporaire à la hausse l’inflation sous-jacentes. Dans ce contexte, nous estimons que nous pourrions connaître un pic d’inflation en février mars avant que cette dernière ne recule à nouveau. Nous pensons de plus que la hausse du taux 10 ans américain est davantage lié aux craintes d’une aggravation du déficit (en écho à la réforme fiscale de TRUMP) qu’à une réelle crainte d’une inflation galopante.  Devant tous ces éléments, nous estimons qu’un taux 10 ans Américain offrant un rendement proche de 2.9% par an présente un couple rendement/risque attrayant.

Devises

Sur le front des devises, à moyen et long terme la parité EUR/USD devrait continuer d’évoluer à la hausse, cependant à court terme les bons chiffres d’inflation aux Etats-Unis ainsi qu’un ton potentiellement plus dur de la FED pourrait permettre à l’USD de s’approcher des 1.20 contre EUR à court moyen terme (horizon 3-6 mois). Du côté des émergents, les devises pourraient être pénalisées par la hausse des rendements Américains, cependant leur niveau de valorisation faible devrait leur permettre de globalement bien résisté. Enfin la couronne suédoise offre une diversification et présente une asymétrie positive (peu de risque de baisse, probabilité plutôt élevé d’une appréciation de la devise) au sein d’un portefeuille.

Perspectives actions

Le marché Américain reste le marché directeur, aussi bien vis-à-vis de l’Europe que du Japon. Il faudra donc une nouvelle fois être particulièrement attentif à l’évolution des marchés Américains, des marchés relativement stables ou positifs devraient permettre à l’Europe et encore plus au Japon d’enregistrer de belles performances une nouvelle fois cette année. Des trois zones mentionnées précédemment, le Japon est certainement celle qui recèle le plus de potentiel de hausse avec une banque centrale qui restera ultra accommodante, et des valorisations plus attractives qu’en Europe et aux Etats-Unis.

LEXIQUE

* Obligations convertibles:

L’obligation convertible est une obligation qui donne à son détenteur, pendant la période de conversion, la possibilité de l’échanger contre une ou plusieurs actions de la société émettrice. L’obligation convertible s’assimile à une obligation classique avec une option d’achat sur des actions nouvelles de l’émetteur.

Source : Les Echos, DAM SA

Allocations d’actifs

Privilégier le stock picking

La diminution spectaculaire du niveau de corrélation entre les actions doit inciter les investisseurs à se tourner davantage vers les fonds de Stock picking que vers les indices (ETF). Nous pensons que les fonds de stock picking surperformeront nettement le marché en 2018 (surperformance supérieur à 4%).

Fonds d’obligations convertibles*

Dans un contexte où les obligations sont chères, il existe tout de même une classe d’actif un peu moins onéreuse, en l’occurrence les obligations convertibles. Ces dernières peuvent permettre à un investisseur de s’exposer au risque action tout en limitant son exposition à la baisse. La construction d’une obligation convertible doit lui permettre de capter 2/3 de la hausse du marché action et « seulement » 1/3 de la baisse.

Profiter de la hausse des taux pour s’exposer aux actions en étant protégé

La hausse des taux notamment en USD permet à nouveau de mettre en place des produits 100 % capital garanti à maturité avec une exposition aux marchés actions (durée entre 3 et 5 ans). Le principal risque réside dans le besoin de liquidité de la part de l’investisseur avant la maturité du produit (exposition au risque de taux notamment).