Par Sébastien MURER, Portfolio Manager chez DIVERSIFIED ASSET MANAGEMENT S.A.


Sell in maySell in May and Go Away?

Littéralement « Vendez en mai et partez ! », cette adage boursier selon lequel les marchés actions auraient tendance à stagner ou à reculer à partir du mois de mai se vérifie-il toujours dans les faits ou n’est-ce qu’une superstition ?

Intéressons-nous à l’indice Stoxx600 sur un historique de 19 périodes (Nov-96/ Avril-2015)

Les résultats sont assez surprenants, au cours de cette période l’investisseur ayant fait le choix d’être investi dans le marché uniquement entre le 01 novembre et le 30 avril inclus et ce chaque année affiche un rendement moyen sur la période de 7.12%/an, à l’inverse l’investisseur ayant choisi de s’exposer uniquement du 01 mai au 31 octobre inclus et ce chaque année affiche un rendement négatif de -2.65%/an. De manière plus générale, de très nombreux indicateurs sont plus favorables à l’investisseur qui choisit de ne s’exposer qu’entre novembre et avril par rapport à l’investisseur qui choisit de s’exposer entre mai et fin octobre. (Maximum drawdown, gain maximal enregistré sur la période, Nombre d’années favorables). Cependant, il est important de noter que les chiffres sont très disparates et très dépendants des années.

Indices boursiers 

Au cours du mois de mai, le Stoxx Europe 600 et le S&P500 ont progressé respectivement de 1.75% et 1.53%. Derrière ces chiffres se cachent de nombreuses disparités, les valeurs liées aux matières premières et notamment les compagnies minières ont à nouveau lourdement chuté après les publications de statistiques chinoises décevantes. A l’inverse la fluctuation de la paire EUR/USD ainsi que le secteur pharmaceutique ont tiré le marché européen vers le haut.

Draghi n’annonce pas de nouvelles mesures

A l’instar de la précédente réunion, aucune annonce majeure n’était attendue puisque la BCE avait d’ores et déjà annoncé en mars des mesures inédites pour sa politique monétaire. Ces mesures doivent entrer en vigueur en juin. Du côté de l’inflation en zone euro, on observe une légère progression de son rythme à -0.1% d’une année sur l’autre contre -0.2% le mois précédent, concernant l’inflation sous-jacente, on constate également une légère amélioration (+0.8% contre +0.7%).

Douche froide sur les emplois US

Les yeux du monde entier vont être rivés sur Janet Yellen, alors que celle-ci préparait les marchés à une seconde hausse des taux, le rapport sur l’emploi américain (+38k vs +160k attendu) a fortement surpris les différents acteurs du marché. A noter que parallèlement à cette baisse, le chômage baisse à 4.7%, et dans le même temps la croissance du salaire horaire reste dynamique à +2.5% en gain annuel. Dans ce contexte la présidente de la FED va devoir convaincre les marchés de la solidité de la croissance américaine et l’intérêt pour l’économie de remonter les taux d’intérêts plus ou moins court terme.

Statu quo entre les membres du Cartel

Conformément aux attentes, les membres de l’Opep n’ont pas trouvé de terrain d’entente sur un plafonnement de la production de pétrole à l’issue de la réunion semestrielle à Vienne en Autriche. Dans le même temps, le ministère américain de l’Energie a annoncé que les stocks de brut avaient une nouvelle fois reculé. Suite à ces annonces, le cours du baril oscille toujours autour des 50 USD.

Brexit or Brexin ?

Les récents sondages montrent que le camp des pro-Brexit  a nettement réduit son retard et est même en tête dans certaines études, ainsi en ne tenant pas compte des indécis, l’écart entre les deux camps est actuellement inférieur à 3%. Les indécis seront donc à priori les arbitres de ce scrutin.

Chine : Activité manufacturière fragile

Le PMI manufacturing officiel est resté stable à 50,1pts avec une composante production en légère hausse (+0,1pt à 52,3pts) mais des nouvelles commandes en baisse (-0,3pt à 50,7pts). Le PMI non-manufacturing officiel recule de -0,4pts à 53,1pts entrainé par un ralentissement de l’activité dans les services (-0,5pt à 52pts) tandis que le secteur des services reste stable à 59,4pts. A l’exception de la publication de février 2016, il s’agit du plus faible niveau du PMI non-manufacturing depuis 2009.

Allocations d’actifs 

Volatilité

Devant un contexte économique qui nous semble incertain (Chine, croissance US, faiblesse de l’inflation, Brexit), le marché anticipe pour l’instant une volatilité assez faible qui correspond à un scénario de bonne santé économique. Afin de nous prémunir contre ces risques, nous sommes acheteur de volatilité, et ce notamment à travers d’ETFs.

Opportunités obligataires

Dans un marché, où il nous semble difficile de prendre des positions claires sur le long terme, nous préférons surveiller les points d’entrée sur certaines obligations afin de réduire les risques de maxdrawdown à l’intérieur de nos portefeuilles. Ainsi, nous avons pris des parts dans Areva, dans Bayer, ainsi que dans TDC.

Performance* de nos portefeuilles

Perf 05-2016