Par Sébastien MURER, Portfolio Manager chez DAM


LE VRAI RETOUR DE LA VOLATILITE

Marchés financiers

Après avoir ignoré durant de nombreuses années les risques macroéconomiques et géopolitiques et ce notamment grâce au soutien indéfectible des banques centrales, les marchés se réveillent aujourd’hui avec beaucoup plus d’incertitudes que par le passé. Cette situation entraîne un regain de volatilité particulièrement important qui explique les performances négatives des différentes places boursières depuis le début de l’année. Ainsi en prenant comme référence le cours de clôture du 29.12.2017, le SP500 s’affiche en recul de 1.2% à fin mars, le Stoxx600 en repli de 4.9%, et le Nikkei de plus de 7.5%. Nous pensons que nous finirons légèrement positifs en fin d’année avec cependant beaucoup plus d’épisodes de volatilité que par le passé. Ainsi le Japon et l’Europe offrent à notre sens de bons points d’entrée.

Inflation et taux

La hausse continue de l’euro depuis des mois a fini par se faire ressentir sur les indicateurs avancés. La détérioration de ces indicateurs a entrainé une chute des prévisions d’inflation. Devant cette chute, les taux des obligations gouvernementales européennes ont littéralement reculé, le Bund 10 ans retombant sous les 0.5% après avoir fleureté avec les 0.8% en début d’année. Cependant le faible niveau du Bund et plus généralement des obligations d’Etat s’explique aussi par un autre phénomène. En effet, le stock d’obligations gouvernementales libellées en euros est particulièrement faible au sein de nombreuses banques centrales dans le monde, ceci couplé au fait que la zone euro soit redevenue une zone particulièrement stable économiquement et politiquement aux yeux d’un grand nombre d’investisseurs étrangers amène de nouveaux acteurs importants sur le marché de la dette européenne. Ceci entraîne une accélération à la hausse de l’euro et une baisse des rendements des obligations d’Etat européennes.

Devises

Sur le front des devises, d’un côté le différentiel de taux entre les Etats-Unis et l’Europe devrait permettre à l’USD de s’apprécier face à l’EUR, mais d’un autre côté le creusement du déficit américain suite au Projet de réforme fiscale prônée par l’administration TRUMP pèse sur le billet vert. Pour notre part nous pensons que l’EUR/USD restera dans un range 1.20-1.25 jusqu’à la fin de l’année. Au vu de la volatilité actuelle, il est tout à fait envisageable de pouvoir acheter de l’USD autour de 1.25 et d’en revendre autour de 1.20. Du côté des autres devises la couronne suédoise est fortement sous valorisée. Cette dernière reste intrinsèquement liée à l’aversion pour le risque, ainsi en cas de rallye cette dernière pourrait surperformer un grand nombre de devises.

Perspectives actions

A fin mars le marché Américain s’en sort clairement mieux que ses homologues européens et japonais, ceci démontre une nouvelle fois toute la capacité du marché américain à trouver sans cesse de nouveau catalyseurs. Cependant sur les niveaux actuels, nous pensons que l’Europe et le Japon pourrait surperformer le marché Américain en ne prenant en considération que les 3 derniers trimestres de l’année.

LEXIQUE

* Sociétés disruptives:

Société qui cherche à apporter un service nouveau qui suscite de nouveaux usages et transforme le marché en profondeur avec des modèles économiques radicalement différents.

Source : DAM SA

Allocations d’actifs

Privilégier le stock picking

Les niveaux de corrélation entre les actions restent relativement faible, raison qui doit inciter l’ensemble des investisseurs à se tourner davantage vers les fonds de Stock picking que vers les indices (ETF). Même si ce premier trimestre nous donne pour l’instant tort (surperformance des valeurs défensives), avec l’appréciation depuis le début de l’année de valeurs déjà bien valorisés, nous pensons que les valeurs décotées surperformeront le marché en 2018 dans un contexte global de remonter des taux.

Obligations sans contrainte (Unconstrained bonds)

Dans un contexte de hausse des taux, il risque d’être très compliqué pour les fonds obligataires classiques (acheteur buy and hold) de délivrer des rendements réels positif (rendement ajusté de l’inflation), nous privilégions pour notre part des fonds obligataires sans contraintes tel que des fonds long/short obligataire.

Valeurs disruptives*

Notre société évolue à très grande vitesse, aussi certains acteurs se positionnent sur cette révolution 4.0 depuis de nombreuses années. D’autres accusent à l’inverse un grand retard à l’image par exemple des constructeurs allemand qui n’ont pas cru dans les voitures hybrides et qui doivent aujourd’hui tout faire pour rattraper la concurrence.  Devant ce phénomène, certaines sociétés ayant anticipées cette révolution pourraient être la cible d’offre d’achat de la part de groupes plus importants dans les mois à venir.