Par Sébastien MURER, Portfolio Manager chez DAM


LA RENTRÉE DES ACTIONS

Marchés financiers

La rentrée 2017 restera un bon cru pour les marchés financiers et notamment pour les marchés actions européens qui s’adjugent plus de 5% sur le mois, les marchés actions américains poursuivent leur incroyable ascension et avance d’un peu moins de 2%, enfin le marché des actions émergentes, grand gagnant pour l’instant de l’année 2017, a une performance nulle sur le mois écoulé. Les marchés actions européens ont pleinement profité du reflux du couple EUR/USD. Ce dernier après avoir dépassé les 1,20, et fait peur à de nombreux investisseurs, est finalement retombé assez nettement sous les 1,18. A contrario, l’appréciation du Dollar US a pénalisé les marchés émergents qui n’ont donc pas profité de cette hausse globale des indices actions. Du côté des taux, le cours des obligations gouvernementales de la zone euro s’est contracté en moyenne de 0,5%, l’indice des obligations d’entreprises les « plus sûrs » marque également le pas avec un recul de 0,3%, à l’inverse l’indice des obligations à haut rendement poursuit sa hausse et s’adjuge 0,4% sur la période.

Devises

Mario DRAGHI a adopté un ton des plus accommodant lors de sa traditionnelle conférence de presse du mois de septembre. L’objectif principal de ce dernier était de faire refluer l’Euro, rappelons au passage que l’objectif principal de la BCE est de tout mettre en place afin que le rythme d’inflation évolue à un niveau proche mais inférieur à 2%, or un Euro trop fort impact grandement l’inflation. De l’autre côté de l’Atlantique, Janet YELLEN a eu quant-à-elle un discours beaucoup moins accommodant, le bilan de ces deux réunions couplés à des bons chiffres américains ont fortement pesé sur la parité EUR/USD, cette dernière est ainsi repassée sous les 1,18.  Nous vous indiquions dans nos dernières Newsletters que nous étions acheteur US Dollars tant que le couple évoluait au-delà de 1,19, notre objectif de cours d’ici le 31 décembre 2017 de cette année est compris entre 1,14 et 1,16.

Négociations BREXIT

Les Anglais se retrouvent aujourd’hui dans une situation assez peu confortable, avec une visibilité réduite concernant l’avenir, Theresa MAY, en plus de devoir trouver un accord avec les Européens, doit jongler afin d’essayer de satisfaire les partisans d’un soft BREXIT et ceux d’un HARD Brexit. Cette situation a conduit la banque centrale d’Angleterre à durcir son discours afin de soutenir la livre et éviter ainsi une envolée de l’inflation importée*. Nous conseillons donc de rester à l’écart de la livre pour le moment avant d’avoir davantage de lisibilité. Concernant les actifs risqués britanniques, il nous semble plus raisonnable d’investir à travers des fonds de qualité afin d’éviter d’être investi dans des actifs qui pourraient souffrir plus fortement que d’autres de l’évolution de la situation.

Pétrole

Le pétrole reste plutôt stable ces dernières semaines après avoir bien performé, nous pensons que le baril de Brent restera dans un range 50-60 USD le baril d’ici la fin de l’année. Une sortie marquée de ce range par le bas pourra constituer une éventuelle prise de position à l’achat.

OR

Nous conservons notre avis sur l’or, ce dernier était l’actif à avoir dans son portefeuille ces derniers mois, il a été le grand gagnant de l’été. Nous vous avions conseillé de prendre vos bénéfices lorsque l’once d’or dépassait les 1300 USD. Le cours a depuis légèrement reculé, nous pensons que l’or sera un des meilleurs actifs à avoir dans son portefeuille à horizon 5 ans, cependant ce dernier ne sera à la hausse que lors d’inquiétudes politiques ou économiques, l’horizon semble être plutôt dégagé d’ici la fin de l’année, le cours ayant fortement progressé ces dernières semaines, nous conseillons donc toujours la prise de bénéfice et suggérons d’attendre une chute avant de réinvestir

LEXIQUE

* Inflation importée:

L’inflation importée désigne l’inflation due à la hausse des prix des matières premières,  des produits pétroliers ou gaziers, des marchandises, des produits manufacturés et des services importés d’autres pays. L’inflation importée est donc une forme d’inflation par les coûts. Dans le cas du Royaume-Uni une baisse trop marquée de la livre fait mécaniquement augmenter le coût des produits achetés dans une autre devise (EUR, USD,…)

Source : le blog de TPE, DAM

Allocations d’actifs

Neutre CAC40

Nous vous avions conseillé d’acheter un ETF double sur le CAC40 au cours de la dernière Newsletter, depuis lors cet actif s’est apprécié de plus de 10%, nous avons donc décidé de prendre nos bénéfices. Nous sommes à présent neutres sur le CAC40 mais nous nous repositionnerons à l’achat en cas de repli vers les 5150-5200 d’ici la fin de l’année.

Devises

L’achat de Dollars US au-dessus de 1,19 présentait bien une opportunité d’achat, avec un cours en dessous de 1,18, nous conservons nos USD mais ne renforçons pas notre position, nous attendons d’atteindre notre cible (1,14-1,16) afin de vendre nos USD, dans le cas cependant où nous atteindrions à nouveau les 1,20 d’ici la fin de l’année nous renforcerons alors notre position.

Préférer les fonds avec un filtre macroéconomique aux fonds obligataire classique

Avec la baisse des taux,  les intérêts négatifs, et le rendement quasi inexistant des fonds monétaires certains épargnants choisissent des fonds obligataires dont la maturité des actifs sous-jacents est plus longue afin d’obtenir un peu plus de rendement. Nous pensons néanmoins que ces fonds présentent un risque de perte en capital de l’ordre de 3 à 5 % en cas de remontée violente des taux même temporaire comme cela a pu être le cas en 2015 (taux 10 ans allemand passant de 0 à 1% en l’espace de 2-3 mois). En effet le fait que la duration soit plus longue amplifie la baisse des obligations, à ce titre nous suggérons aux investisseurs de se tourner vers des fonds obligataires introduisant un biais macroéconomique dans leur allocation afin d’éviter ce genre de situation.